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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:04

La naissance est un beau mystère, surtout dans la tête et l’imagination fertile des plus petits !

Et les auteurs, illustrateurs et éditeurs pour la jeunesse ne sont jamais à court d’idées pour raconter l’arrivée de ce petit être. Du désir de bébé à la grossesse, de sa naissance à sa découverte du monde, on trouve de très beaux albums sur ce thème -et des moins beaux, cela va sans dire, je dirai même sans aucun intérêt !... -.

Là où je travaille on nous demande souvent des livres sur la venue d’un bébé. Et les intentions sont diverses : une maman souhaite préparer son bout d’chou de trois ans à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur -clin d’œil à une amie qui m’a donné l’idée de ce billet ;)- , une autre essaie d’expliquer à son garçon curieux les secrets de la fabrication d’un bébé -dis, maman, il vient d’où, le bébé ? Comment il va sortir de ton ventre ?-,… et s’en remettent à nos avis « éclairés ».

Et voilà pour vous, une petite sélection personnelle d’albums sur la naissance…


                                                                                                      

La famille Gribouillis, Edouard Manceau, Milan, 2009

Gribouillis

Un petit livre simple et frais. Voici le roi des gribouillis, en noir, et la reine des gribouillages, en rose : ils s’aiment et vont donner naissance à…

Ce court album a l’avantage d’aller à l’essentiel, tout en racontant une vraie petite histoire. Le tout jeune lecteur s’y retrouvera tout à fait !

A partir de 2 ans.

 


Petit amour, Sandra Poirot-Cherif, Didier J, 2008

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Pour moi, il reste pour l’instant indétrônable ! Une merveille de douceur et de poésie. L’auteur a réussi, sans tomber dans la mièvrerie, à raconter neuf mois de grossesse en quelques pages. Une histoire d’amour entre deux êtres, qui désirent très fort un enfant, et un bébé qui se profile tout doucement dans un ventre/cocon. On rencontre au fil des pages des futurs parents kangourous, pingouins, girafes, chats,… pendant que le ventre/cocon devient colline puis montagne. Bébé va naître…

A partir de 3 ans.

 


La Grande question, Wolf Erlbruch, ed. Etre, 2003

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Une perle, un concentré d’intelligence, de poésie, de bon-sens, des illustrations d’une force incroyable -nooon, Wolf Erlbruch n’est pas mon auteur préféré !...-

Cet album promène le jeune lecteur de rencontre en rencontre : celle d’un chat, d’un marin, d’un père, d’un aveugle, d’un canard, d’un lapin,… qui répondent tous à la même question : pourquoi est-ce-que je suis sur la Terre ? Les réponses font sourire ou réfléchir, et ont un écho différent selon l’âge du lecteur.

Petit florilège :

Le pilote, lui : « Tu es là pour embrasser les nuages. »

Le grand-mère : « Pour que je puisse te dorloter, bien sûr ! »

La mort : « Tu es là pour aimer la vie. »

Le jardinier : « Pour apprendre la patience. »

La mère : « Tu es là, parce que je t’aime. »

Et en fin d’ouvrage, l’enfant pourra noter d’autres réponses à cette Grande Question.

A partir de 4 ans et tout au long de la vie.

 


Comment on fait les bébés, Babette Cole, Seuil J, 1993

bébés cole

Où l’hilarante imagination de Babette Cole fait encore des merveilles !

On s’est tous posé LA question : mais… comment on fait les bébés ? Dans cet album, des parents très embarrassés vont tenter de répondre à ce grand mystère, en se dépatouillant avec les clichés habituels : la cigogne, les roses et les choux,… Les enfants, atterrés, vont vite remettre les points sur les i : schémas très drôles à l’appui, ils vont expliquer aux adultes ce qu’ils devraient savoir depuis longtemps.

A partir de 4-5 ans.

 


Bien avant toi, Rascal et Mandana Sadat, Didier J, 2010

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Un bel hommage à l’amour paternel. Comme à son habitude, Rascal nous livre ici un texte magnifique. Un papa parle à son enfant. Il lui raconte l’éphémère de son enfance, effacé, picoré, rouillé, avant sa rencontre avec la femme de sa vie. L’amour et la promesse d’un petit être en devenir vont alors donner un sens à tout le reste.

Le papier découpé, le dessin et l’encre diluée des illustrations sont au service du parcours d’un petit bonhomme devenu adulte, qui découvre que l’amour pour son enfant est éternel.

A partir de 5-6 ans et à offrir aux futurs papas !

   

 

PETITE SŒUR, PETIT FRERE 

 

Un petit quoi?, Isabelle Carrier, Casterman, 2009

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Les parents de Ninon lui annoncent qu’ils attendent un petit. « Un petit quoi ? » Elle se demande alors si ça ne serait pas… un petit ouistiti ? un petit ours ? un petit chat ?

Un court album cartonné à l’italienne qui amène avec espièglerie et tendresse la question du petit frère ou de la petite sœur. Parfois les propos et les images les plus simples font des merveilles !

A partir de 3 ans.

 


Le ventre de ma maman. Toi dedans, moi devant, Jo Witek, La Martinière J, 2011

Le ventre de ma maman

Une petite fille parle au bébé à naître. J’aime beaucoup le travail sur des couleurs -restreintes au rouge, bleu, vert et lignes noires-, les flaps qui s’ouvrent sur le ventre maternel, révélant un bébé qui grandit au fil des pages, et le graphisme crayonné qui parlera sans doute beaucoup au jeune lecteur.

Ce que j’aime moins, c’est cet excès de simplicité et cette vision un peu « catho » du monde qui se dégage du texte et des illustrations : sourires un peu mièvres des personnages, propos un peu trop sucrés, frôlant le bien-comme-il-faut… On se croirait presque chez la famille Le Quesnoy -dans le film La vie est un long fleuve tranquille- J

Mais cette lecture, la mienne, ne demande qu’à être complétée !

A partir de 3 ans.

 


Dans le creux de ma main, Laetitia Bourget et Alice Gravier, Sarbacane, 2010

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Un beau texte rythmé par l’énumération de ce qu’une petite fille a recueilli dans le creux de sa main.

« Un flocon de neige, puis il a fondu »

« Des morceaux de porcelaine, je les ai recollés »

Sur la dernière double page, on voit la même fillette tenir un bébé emmailloté.

« Ta tête délicate, et tu m’as souri… »

Pas besoin ici de toute une histoire pour raconter la rencontre entre une grande sœur et son petit frère/sa petite sœur. Le texte épuré de Laetitia Bourget et les illustrations naïves d’Alice Gravier suffisent à insuffler une impression de plénitude.

A partir de 4 ans.

 


Je veux une petite sœur !, Tony Ross, Gallimard J, 2000

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Comme à son habitude, la petite princesse fait des caprices. Sa maman la reine lui annonce qu’elle attend un bébé : son altesse veut une petite sœur ! La cuisinière, le général, le roi son père,… tous essaient de lui expliquer qu’on ne peut pas choisir fille ou garçon. La petite princesse n’en a cure et menace même de se mettre en colère… jusqu’au retour de la maternité de la reine ! 

Pédagogique et ludique si l’enfant reproduit la même situation, simplement irrésistible si on cherche un bon moment de lecture.

A partir de 5 ans.

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:17

Edwin est un jeune moineau, qui a très peur de quitter sa maison. Il préfère la douceur de son chez-lui au monde du dehors, qui l’intimide. Mais Edwin rêve… Il rêve de voyager !

C’est sa grand-mère qui va le « pousser du nid », en lui confiant un panier à rapporter à la boulangère du Grand Frêne. Le premier envol ne se fait pas sans appréhension… Mais Edwin apprendra, en volant toujours un peu plus loin, de chêne en saule, de ruisseau en rivière, à maîtriser sa peur de l’inconnu et à avoir confiance en lui. Il ira jusqu’au « bout de la Terre, là où les arbres ne poussent plus ».

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La technique de l’aquarelle, choisie par Aude Picault, est particulièrement adaptée pour retranscrire les ressentis d’Edwin, le calme de sa maison et l’ivresse du voyage. Les cadres floutés et les doux camaïeux de couleurs renforcent cette impression d’enveloppement : on entre dans l’album comme dans un nid !

Les grandes vignettes sans texte laissent la place au vol d’Edwin et à l’immensité du monde.

L’auteure a utilisé le langage du dessin pour compléter son récit : en observant l’intérieur de la maison de la grand-mère d’Edwin, on remarque une petite bibliothèque, quelques coquillages sur une étagère, et deux cadres dont l’un représente « La Grande Vague » d’Hokusai et l’autre le Mont Fuji, autant de symboles et de clins d’œil au voyage. Edwin rapportera d’ailleurs un coquillage, souvenir de son premier envol…

 

L’enfant pourra apprendre à nommer les saisons, les noms des oiseaux et des arbres.

Le classicisme du graphisme et de certaines représentations du quotidien –la grand-mère à binocle, les confitures en été et la soupe de potiron en automne- qu’on regretterait par ailleurs, a ici toute sa place : il permettra à l’enfant d’aborder les notions de liberté et de confiance en soi, en toute simplicité.

 

Trop loin! d'Aude Picault, Kaléidoscope, 2011.

A partir de 3 ans.

 

Le site d’Aude Picault (vos y trouverez ses autres titres, BD et albums pour la jeunesse): link   

et je ne résiste pas à l’envie de vous donner le lien de son animation « Fanfare » -c’est génial, éclatez-vous !- : link


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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 11:01

C’est un cadeau d’une jeune lectrice, une habituée de la médiathèque, qui vient chaque mercredi avec sa grand-mère. Elles s’installent toutes les deux dans un fauteuil de l’espace-albums et lisent ensemble des histoires. Je m’arrête parfois pour écouter discrètement la voix douce et distinguée de la vieille dame.

Avec le temps, elles sont devenues des visages incontournables du secteur Jeunesse. Des repères parmi la foule du mercredi.

En juin dernier, nous discutions de la fin d’année scolaire et des vacances qui approchaient. Je leur ai fait part de mon projet de passer quelques jours en Bretagne, etc. La grand-mère m’a souhaité de bonnes vacances et s’est dirigée vers les escaliers, suivie d’un pas hésitant par sa petite-fille…

…qui a subitement fait demi-tour, et s’est dirigée vers moi. Sa grand-mère, mi-surprise mi-amusée, m’a expliqué sur le ton de la confidence : « Elle voulait vous l’offrir depuis longtemps, mais n’osait pas ». La fillette m’a alors tendu un scoubidou… et a rougi jusqu’aux oreilles en me disant : « C’est pour vous, pour accrocher les clés des vacances ».

Eh bien il orne mon trousseau de clés, ce scoubidou. Et il est bien plus qu’un simple boudin en caoutchouc.

 

Ah, les scoubidous (bidou, bidou ♪♪).  On s’est tous essayé à la technique de tressage de ces fils en plastique coloré, avec plus ou moins de succès !... On a tous retrouvé dans de vieilles affaires un scoubidou abandonné, preuve de notre talent passé, en se demandant comment on avait pu se prendre de passion pour ces objets si délicieusement kitsch.

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Savez-vous que le scoubidou date de 1958 ? C’est un jeune garçon de 13 ans, Joël B., qui en est l’inventeur. Sacha Distel a immortalisé en 1959 l’objet dans sa chanson « Des pommes, des poires et des scoubidous ».

Le phénomène de mode a traversé les décennies. Le célèbre scoubidou n’a pas encore fini d’occuper les fillettes dans les cours de récréation, ni d’inspirer les créateurs. Cliquez ici link


 


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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 17:24

Une fois n'est pas coutume: un album pour enfant qui arbore un titre « pas correct »! Et qu'est-ce-qu'on aime ça.

 

Cet album en réédition chez Giboulées (Gallimard Jeunesse) est un petit souffle d'air frais. Sous ses airs d'imagier classique, il nous emmène dans les méandres délicieusement tordus de M. Pittau (que je salue au passage) et dans le graphisme faussement simpliste de Bernadette Gervais. Ou est-ce le contraire? Ce duo d'auteurs pour la jeunesse fonctionne en tout cas à merveille.

 

La structure de l'album repose sur le refrain « C'est dingue! », qui ponctue chaque double-page.

A gauche, on propose à l'enfant une combinaison animal/objet, et à droite le résultat.

Ainsi, l'hippopotame et deux cornets de glace font un rhinocéros...

un cheval et un code-barre font un zèbre...

 

L'album sollicite bien sûr l'univers quotidien de l'enfant, sa connaissance du monde animal, son sens de l'observation et surtout son imagination!

Il y a de la poésie: « un chat + un nuage, ça fait un lion... c'est dingue! »,

de l'humour: « une mouche + une seringue, ça fait un moustique... c'est dingue! »,

et la chute est aussi inattendue qu'évidente. Le monde peut être rêvé de toutes les manières possibles, mais le miracle de la vie, lui, est une réalité inébranlable... est complètement dingue!

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Le format carré colle tout à fait à la structure texte/image, et à la rengaine qui rythme tout l’album.

Le toucher velouté du papier fait ressortir les nuances de couleur des illustrations et l'impression de relief qui s'en dégage.

 2011-10-10 09.39.22-copie-1

À partir de 4 ans.
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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 09:34

Et voilà. Les vacances ne sont plus qu’un souvenir, la ville sort de sa torpeur, la place du marché est à nouveau foulée par des pieds impatients, flâneurs ou alertes, et la dame de la médiathèque décroche les horaires d’été de la porte d’entrée…

Septembre!!! Quand on s’occupe du secteur Jeunesse d’une médiathèque, je peux vous dire que ce mot prend un sens énooorme…

 

Petit retour en arrière :

Courant mai - panique à bord, prise de conscience !

Il faut annoncer aux enseignants qu’eh oui, c’est bientôt les grandes vacances, qu’eh oui, il va falloir fixer le dernier rendez-vous (moi, me réjouir ? Qu’allez-vous imaginer…), et que nous aimerions récupérer tous les documents en retard (si ce n’est pas trop demandé)…

 

Début juin – on s’organise, les amis !

On case les dernières visites de classe, je répartis l’équipe sur le planning, pour au final annuler la moitié des rendez-vous (« Vous comprenez, on a eu la kermesse de l’école », « Je suis désolé, j’avais oublié le tournoi de rugby ! », « la fin d’année est toujours stressante, et la médiathèque m’est complètement sortie de l’esprit !» )

Rhaaaa.

On reste fair-play en expliquant à l’enseignant que ce n’est pas grave, mais que nous aimerions tout de même récupérer les documents en retard (si ce n’est pas trop demandé)…

 

Fin août -

« Bonjour Madame Duval ! C’est le secteur Jeunesse de la Médiathèque à l’appareil. Je vous appelle pour vous souhaiter tout d’abord une bonne rentrée des classes, et puis pour faire le point avec vous sur les documents non rendus, les abonnements à renouveler, les animations proposées au public scolaire,… 

- Quoi ??? Il reste des livres ? Je leur avais pourtant demandé blablabla… Pourriez-vous me redonner les titres de ces ouvrages ?

- (docile, je dicte une énième fois).

- Et pourriez-vous également me rappeler la date d’expiration des abonnements ?

- (docile, je rappelle une énième fois).

J’en profite pour vous parler des nouvelles modalités de prêt, blablabla. »

 

Mardi 13 septembre : c’est moi qui ouvre les festivités en accueillant la première classe de l’année scolaire 2011-2012.

« Bonjour !

- …

- Eh bien, les enfants ? La dame vous a dit bonjour !

- Boooonjoooour ! »

 

Bah, c’est le début de l’année.

Je les accueille, leur explique le b-a-ba d’une médiathèque, et leur propose une visite du secteur.

« Madame ! Ils sont où les ordinateurs ?

- (soupir). Au troisième étage. Ici tu trouveras des livres, (et là je dégaine mon arme secrète) nous avons en tout 20 000 livres !

- ooooooh ! (héhé, ça vous la coupe hein ?). »

 

La découverte des lieux terminée, les élèves se mettent en quête du livre de leurs rêves. Certains déchantent...

« Madame ! Vous avez Hannah Montana ?

- Non. (Le métier de bibliothécaire jeunesse exige des connaissances très pointues en séries télévisées, stars à la mode etc)

Mais nous avons La Belle au Bois dormant, des livres sur la danse classique ou sur les bébés animaux. »

Alrs là, ça passe (yeux émerveillés) ou ça casse (moue de la petite fille déçue de ne pas retrouver son idole pailletée et siliconée à la Médiathèque).

 

« Madame ! Vous avez des livres sur les chevaliers ?

- (là, c’est davantage dans mes cordes) Oui, c’est ici ! Il y a aussi des livres sur le Moyen-Âge, la période des chevaliers, des livres sur les châteaux-forts, … »

La mayonnaise semble avoir pris, ouf…

 


(    J’entends déjà certaines remarques outrées : une médiathèque est un service public, vous devriez proposer des livres pour tout le monde !

7000 nouveautés Jeunesse sont sorties en librairie en 2010. J’ai pu en acquérir 1200 pour nos jeunes lecteurs… autant vous dire que je n’ai pas le choix : une sélection s’impose. Et je tiens à proposer aux futurs adultes-lecteurs des titres de qualité qui ne les transforment pas en consommateurs aveugles.    )

 


Parenthèse fermée, je retourne à mes moutons :

la première visite à la Médiathèque s’achève, les élèves repartent avec leur livre sous le bras.

Certains ont déjà le nez dedans (« Lucas, ne lis pas en marchant, tu vas tomber ! » ), d’autres échangent leurs trouvailles, d’autres encore ont l’air abattus, déçus de ne pas avoir croisé Miley Cyrus ou les Winx dans les rayonnages.

 

« Au revoir, à bientôt !

- …

- Les enfants ! La dame vous a dit au revoir ! »

Je récolte quelques au revoir, quelques regards timides, et puis le sourire  rayonnant de cet élève qui a trouvé LE livre sur les chevaliers :

« Au revoir, et merci pour le livre ! »

 

Bibliothécaire pour la jeunesse n’est pas de tout repos… On récolte beaucoup de doutes, de ras-le-bol, mais aussi des petits moments lumineux qui nous donnent le souffle dont on a besoin.

Ce sourire-là, ça vaut toutes les Hannah Montana du monde.

 

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 15:57

Aux éditions du Rouergue, 2005.  2011-09-05-19_18_21.jpg

  Avec un rien, un bout de bois et quelques fils de fer, Christian Voltz réussit à nous transporter dans les pages de l'album, genre qu'il manie avec une virtuosité indiscutable.

La couverture de La Caresse du papillon nous présente un personnage coiffé d'un béret et tenant à la main un outil de jardinage. Un paysan qui doit avoir une affection particulière pour la bouteille, vu la couleur de son gros nez!

La première double page le met en scène, se servant justement un p'tit verre, sous le regard amusé d'un petit garçon. Telle un décor de théâtre, la terre ratissée du jardin investit toute la longueur de la double page: les deux personnages évolueront sur ce même décor tout au long de l'album. C'est par cette stratégie que C. Voltz emmène le lecteur "dans" le livre. On pense aux albums Toujours rien ou Bêêêtes! .

Au fur et à mesure des pages, les morceaux de bois, fils de fer et boutons qui ont servi à l'auteur pour créer ses bonshommes -et qui caractérisent son style-, s'animent.

C'est le grand-père qui parle: "Au boulot, mon gaillard!" Le petit garçon suit avec attention tous les gestes de son "Papapa" *, qui s'applique à semer, planter, arroser. Le petit-fils, avec la spontanéité de l'enfant, demande alors à son grand-père de but en blanc où est sa "Mamama". Le lecteur attentif remarquera à un moment ou un autre, un  papillon aux ailes vichy, discret mais présent depuis la page de titre...

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 L'idée est toute simple, mais si belle. Le grand-père fait son deuil en racontant au petit-fils comment elle était, sa "Mamama" *... qu'elle aimait trop les fleurs pour quitter son jardin, et qu'elle n'est jamais très loin. L'auteur, à l'aide d'un trait de crayon, fait ainsi entrer en scène un troisième personnage, que seul le lecteur peut voir.

C'est une histoire triste et douce comme le baiser que la grand-mère dépose sur le front de son petit-fils. C. Voltz nous parle là de l'importance de la transmission et de la mémoire, et nous ramène aux choses essentielles de la vie.  

Un album qui reste dans mon top 50... une perle d'imagination et d'émotion! 

 

La Caresse du papillon a été récompensé par le Prix Sorcières de l'album en 2007.

A partir de 5-6 ans.

 

* Christian Voltz est strasbourgeois d'origine. "Mamama" et "Papapa" sont les petits noms donnés aux grands-parents dans le dialecte alsacien. Merci à B. pour l'information!

 

 

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Published by Alice Chandoiseau - dans Tiroir à trésors...
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 08:46

J'ai oublié de rajouter une mention de dédicace à mon précédent billet!

 

 Je le dédie donc à mes deux anges gardiens de la grammaire et de l'orthographe. Elles se reconnaîtront ;))

C'est sûr, ça ne flatte pas forcément l'ego de s'entendre dire "vite, vite! corrige ces vilaines fautes!"... mais il faut savoir rester humble devant les indiscutables règles de la langue française...

Bouh, la honte... Evidemment, j'ai corrigé discretos les quelques fautes repérées, et je ne vous les dévoilerai pas!

(vous avez vu, mes anges gardiens, à "sans hésiter", dans la dernière phrase, je n'ai pas craqué ! Il y a bien un R et non un Z !)

 

Mea culpa, je relirai mes articles deux fois supplémentaires avant de les mettre en ligne. Je dois bien ça à mes futurs fidèles lecteurs!

 

 

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Published by Alice Chandoiseau
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 14:18

Comment je définirais ce blog ? euh… question difficile et à dire vrai inutile… parce que je n’en ai pas, de définition. C’est seulement « mon » blog. Le Tiroir d’Ipomée.

 

Un tiroir, on y met beaucoup de choses. Du n’importe quoi, du pas n’importe quoi, des trucs bizarres, des objets qu’on veut ne garder que pour soi, sa collection de bouchons de limonade ou de papillons, un post-it qui ne colle plus, ses dernières factures (le tiroir aux factures : celui qu’on ouvre quand on a l’âme aventureuse !), une photo jaunie, une vieille pièce de 10 francs, les couverts en argent pour les jours pas comme les autres, …

Bref un tiroir, c’est ultra commun, on en a tous chez soi, on passe devant tous les jours, si bien que le mot « tiroir » est devenu sans saveur.

 

Essayez, pour voir, de le prononcer dans votre tête ou à voix haute... Ce mot si banal, passe-partout, devient porteur des plus merveilleux trésors, des plus étranges souvenirs.

On ouvre un tiroir dans sa tête, et on y range des mots, des images, des morceaux de mélodies, la couleur de « ses » yeux. On lit une « roman à tiroirs », on fait les fonds de tiroir.

 

Et puis on va flâner dans Le Tiroir d’Ipomée.

Moi c’est Alice Chandoiseau. Mon métier c’est passeuse de livres. Je vis avec et à travers eux, j’y puise un souffle, j’y trouve de quoi colorer ma vie et la vôtre. Ils m’aident à découvrir, à me construire, à me guérir.

J’ai choisi de me spécialiser en littérature jeunesse. Un choix qui ne s’explique pas, qui se vit ! Et qui m’a fait comprendre une chose : l’adulte qu’on devient est le miroir de l’enfant qu’on a été. On n’en est pas toujours conscient. Peut-être trouverez-vous dans mon tiroir de quoi raviver le passé ?

Marguerite Duras écrivait : «Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours...».

 

La musique, le théâtre, le cinéma sont aussi de fantastiques terrains de découverte et d’expérimentation. 

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Je n’ai pas la prétention d’imposer mes points de vue sur ce blog ou de lancer de grands débats. Mon souhait est de partager. Vous pouvez aimer, vous enthousiasmer, douter ou même ne pas du tout être d’accord avec moi.

 

Laissez-moi vos commentaires sans hésiter, j’en serai ravie, et le blog enrichi !

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Published by Alice Chandoiseau
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